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أخبار وطنية L'association Zenoobya offre des couleurs et des rêves aux enfants de la région D'Echraf

نشر في  08 أفريل 2016  (12:59)

A 18 kilomètres de Kélibia et à quelques mètres du plus ancien olivier d'Afrique, se trouve la petite et belle école d'Echraf où 140 élèves tunisiens viennent quotidiennement apprendre les premières lettres du long chemin du savoir.

Et c'est dans cette petite école, protégée par le dôme vert du saint de la région que la militante, femme de théâtre et présidente de l'association Zenoobya, Zeyneb Farhat a décidé de lancer la première action de son association.
 
D'abord, une salle de classe complètement rénovée et peinte avec des couleurs vives, puis un terrain vague transformé en terrain de sport, puis un club d'échec, jeu répandu dans la région du Cap-Bon. Et aussi des instruments de musique, même si des difficultés persistent à mettre en place un club musical.
 
Avec beaucoup de curiosité, les élèves regardent cette étrange dame aux cheveux roux qui vient offrir des couleurs et du rêve à ceux dont la Tunisie des grandes villes a tourné le dos. "Car ces enfants tunisiens ont eux aussi droit à une école publique digne de ce nom, et c'est dans ce sens que j'ai répondu à l'appel du ministre de l'éducation qui a ouvert les portes des écoles tunisiennes à travers l'opération "Le mois de l'école"" nous confie notre interlocutrice qui insiste, par ailleurs, sur le rôle des autres membres de l'association Zenoobya telle que l'architecte Inchirah Hbabou, maître d'oeuvre des différentes rénovations mises en place.
 
Mais l'opération ne s'arrête pas là. Car Zeyneb Farhat décide d'entreprendre une deuxième action citoyenne.
 
Pleins d'idées en tête, elle prépare avec l'aide d'un forgeron de la place, un beau petit calèche vert olive, et achète une mule pour en faire un attelage complet au service de 9 enfants de la région d'Esefsafia.
 
9 enfants dont les habitations sont sises à 2 kilomètres de l'école et qui sont obligés de se frayer, chaque jour, un chemin sur un trajet boueux avant de rejoindre l'axe routier d'Echraf pour retrouver enfin leur école.
 
Zeyneb Farhat propose alors un deal à Najah, jeune maman de Assim et Oussama, eux aussi élèves à l'école d'Echraf. Najah devra accompagner les 9 enfants d'Esefsafia quotidiennement à leur école et les raccompagner chez eux en fin de journée.
 
En contrepartie, elle disposera de la mule, durant la journée, qu'elle pourra exploiter pour labourer la terre et défier ainsi la marginalité que lui inflige cette Tunisie à plusieurs vitesses.
 
Et c'est le 19 décembre 2015 que la première KRI, la Karita artistique et écologique au profit de l'élève rural et la femme rural, fait son entrée à l'école Echraf en présence de l'acteur Khaled Bouzid et de plusieurs autres invités venus tous fêter cette action citoyenne et inaugurer cette deuxième phase du projet de l'association Zenoobya. 
 
Les élèves ont alors droit à un après-midi d'animation durant lequel la psychologue Emna Kalai fait dire aux enfants le métier de leurs rêves.
 
Si les garçons rêvent de devenir policier ou soldat, les filles rêvent de devenir directeur de poste de police. Et puis un garçon a envie de devenir président! Qui a dit qu'on pouvait limiter les rêves des enfants?
 
Deux mois plus tard, le 18 février 2016, nous rendons visite au foyer de Najah et de son mari Moez. La visite nous révèle le dur vécu d'une famille tunisienne. En effet, le logement du couple, frêle abri fait de roseaux et de bouts de tissus, qui se trouve ironie du sort à côté d'une carrière de pierre, comprend deux lits et deux autres matelas, un frigidaire, une télévision qui ne fonctionne pas et une table blanche en plastique pour les devoirs d'Assim et Oussama.
 
Oui! Des tunisiens continuent encore à vivre dans des conditions précaires à quelques kilomètres des grandes villes tunisiennes!
 
Pour contribuer à faire face à cette dure réalité, l'association Zenoobya décide d'acquérir du bétail à Najah, troisième et dernière partie du projet de l'association. Un petit capital que la jeune maman pourra fructifier pour améliorer la situation sociale de sa petite famille. Une fois le bétail acquis, un beau sourire timide se dessine sur le visage de Najah. Parce que cette femme, son mari et leur enfants ont droit eux aussi à une vie descente. J'ai oublié de dire que Najah cachait ses oreilles car elle n'avait pas de boucles d'oreilles! Oui, un souhait aussi simple et coquet loin de sa portée.
 
C'est comme cela que vive des franges de tunisiens, et c'est là ou apparaît l'importance de l'intervention de la société civile. L'action de l'association Zenoobya en est un exemple éclatant de solidarité. 
 
Panser les blessures, offrir du rêve en alliant l'art et l'écologie, tel a été le défi relevé par Zenoobya au profit de l'enfant rural et de la femme rurale. Quoi de plus humain et de plus beau dans un pays où la révolution n'a pas réussi à rétablir les droits des plus faibles? Zeyneb Farhat relève le défi tout en rires et en espoir.
 
Chiraz Ben M'rad